La Chute (poème #17)

La Chute

*

La chute

sans fin,

la plongée

dans les abysses

dans les souffrances…

J’ai connu cela

si longuement !

*

On chute.

A vitesse vertigineuse.

tel Lucifer

chutant des Cieux.

Plusieurs fois,

on se dit

qu’on ne tombera

pas plus bas

et puis

on se surprend

à toujours tomber,

toujours tomber

plus bas.

*

On chute.

Le désespoir

s’accroît

les larmes

ne cessent jamais.

L’horreur grandit.

On ne comprend pas.

On ne comprend plus.

On ne voit pas.

On ne voit plus.

Rongé par

la souffrance,

on est plongé

dans la mélasse,

dans la nuit

sans lumière,

dans la nuit

silencieuse,

dans ce charbon

si dense,

dans ces braises

si intenses.

Si voracement rongé

que l’on est,

que l’on se croit

décédé –

alors qu’on souffre !

de tout son être !

Notre coeur

Notre esprit

Notre corps

Notre être

meurent d’envie

de vivre !

*

On plonge.

On chute.

On pique.

On tombe.

Ça ne s’arrête pas.

Tout défile.

Aucune prise.

Les vents hurlent.

On serre les dents.

On prend des coups.

Par désespoir,

On espère :

on se trompe

soi-même :

on se pense arrivé

car l’on veut

que ça cesse.

Mais il n’y a

jamais

de fin à la

souffrance,

si ce n’est quand

on y met fin

de soi-même.

*

On dit

qu’il faut tomber

pour rebondir.

J’ai vécu

la Nuit.

J’ai éprouvé

la Nuit.

Celle

où tout est occulté

où plus rien

n’est visible

ni de soi

ni du reste

où la Haine

totale, et entière

maintient la pression

maintient la vie

pour survivre

à soi

aux souffrances

de vivre.

*

Quand la

souffrance

remplace

la vie.

Cette Nuit

si intense

tellement – noire !

tellement – douloureuse !

fait de vous

un cadavre

ambulant.

Tout est haït

du plus profond

du cœur et

des tripes.

Alors vous êtes

dans cette Nuit

couché dans votre

cercueil refermé.

*

La Nuit

est si noire !

La Chute, qui

mène à la Nuit

Abyssale,

est sans fond !

Pour que

la Chute

cesse,

il faut

lâcher-prise.

Mettre un terme

aux souffrances

que l’on s’inflige

car souffrant

d’avoir souffert.

Car la souffrance

enferme,

car la souffrance

s’alimente

d’elle-même.

On prend goût

à souffrir

car ce n’est plus

qu’ainsi

que l’on vit.

*

07/04/18

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