Chant funèbre (poème #23)

Chant funèbre

*

dédié à Albert Caraco.

*

Tant de violence

en ce monde.

Je n’en plus plus.

Je ne peux plus supporter.

Si ce n’est

en détournant les yeux.

J’enrage.

La haine née de cette violence

à laquelle j’assiste

est née de la haine

que les hommes vivent dans leur

violence quotidienne.

*

Les hommes

sont inégaux.

Beaucoup nagent dans leur merde,

Peu surnagent.

Les hommes

– plus que les femmes –

peuvent être,

peuvent se montrer,

d’une cruauté sans égale,

d’une laideur,

d’une horreur,

d’une monstruosité,

sans égales,

inimaginables,

des cieux

jusqu’aux enfers.

Les hommes sans cesse

repoussent les murs de l’horreur

agrandissant cette terre d’infamie

qu’ils volent,

qu’ils violent,

de l’aube au soir.

*

Ils font souffrir

au-delà de l’imaginable

tout ce qui vit sur terre :

leurs semblables,

leurs enfants,

leurs vieillards

leurs parents,

leurs femmes,

leurs animaux,

les plantes,

les paysages,

les écosystèmes,

tout ce qui se voit,

tout ce qui se vit,

tout ce qui rampe,

qui vole,

qui nage,

qui marche,

qui pousse :

ces hommes

ne laissent rien

aux générations futures.

L’Armageddon

n’est pas futur

car de futur

nous n’aurons pas.

L’Armageddon,

c’est chaque jour.

Des millions

d’êtres vivants

chaque jour massacrés.

*

Les hommes polluent,

ils saccagent,

sans cesse

ils pillent,

ils détruisent,

ils annihilent,

ils décapitent,

ils carbonisent,

ils découpent,

ils intoxiquent,

ils bûcheronnent,

ils asphyxient,

ils étouffent,

ils suppriment,

ils mitraillent,

ils massacrent,

depuis

depuis

depuis

que l’homme est l’homme.

L’homme fait la guerre

à tout ce qui vit,

il ne laisse rien en paix,

ni son cœur et son âme

en premiers.

*

Il hait

alors il détruit

Il hait

car il ne se comprend pas

car il ne comprend pas

car il n’a aucun sens

tout lui paraît absurde,

sans limite,

et il ne se retrouve guère,

dans ce qui l’entoure,

il ne se retrouve guère,

dans ce qu’il fait de si horrible

de si dégoûtant,

de si inhumain,

de si révoltant.

*

L’homme est un monstre

il se suicide

il nous suicide

il met fin à toute vie

Presque dans l’indifférence,

encouragé par la folie

de nos civilisations.

Nous y passerons tous

par le feu

par l’acier

par les balles

par le bûcher.

Ainsi

l’air,

la terre,

la mer,

les forêts,

que reste-t-il

qui ne soit détruit, condamné

et pollué à jamais ?

*

La maison brûle

et nous regardons ailleurs.

Jamais les mots

n’ont rien changé.

Demain nous mourrons,

des mains de ceux

que nous avons enfanté.

L’humanité prendra fin

dans le vacarme assourdissant

du vide qu’il aura créé.

Nous n’aurons – bientôt ! – plus de larmes

pour pleurer !

Et aucun dieu

ne nous sauvera

de nos mains ensanglantées.

Amen.

*

13/04/2018

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