Evelyn DE SMEDT – Zen et Christianisme, et l’enseignement de Maître Deshimaru

Evelyn DE SMEDT – Zen et Christianisme, et l’enseignement de Maître Deshimaru. Albin Michel « Spiritualités vivantes ». 186 pages. 1990. 7.70euros.

http://www.albin-michel.fr/ouvrages/zen-et-christianisme-9782226039668

Evelyn DE SMEDT - Zen et Christianisme

 En 1973, Evelyn de Smedt rencontra Maître Taisen Deshimaru auprès duquel elle passa une dizaine d’années à travailler, aussi bien à travers la pratique de zazen que la rédaction et la publication de ce qu’il enseignait. Depuis sa mort, elle continue à transmettre son enseignement.
 A l’aurore du XXIº siècle, dans un monde en grandes mutations, on constate que les mouvements spirituels, tout en renvoyant en premier lieu à leurs fondateurs, ont tendance à s’ouvrir les uns aux autres. En particulier, la rencontre Orient-Occident fait que des chrétiens pratiquent le bouddhisme zen et vice-versa.
 Le Maître zen Taisen Deshimaru a dirigé de son vivant plusieurs sessions de méditation au sein de monastères chrétiens : ces rencontres furent l’occasion de passionnants échanges, dont cet ouvrage se fait l’écho. Les paroles du Christ retranscrites dans les Évangiles, les expériences des mystiques chrétiens et les paroles du Bouddha n’expriment-elles pas dans leur essence la même vérité sur les problèmes fondamentaux de l’homme et de son devenir ?

*** Mon Avis ***

Une base de réflexion pour la rencontre Zen/Christianisme

 

 Avec en bonus une préface de l’inévitable, sympathique et érudit Jean-Yves Leloup, ce livre, « Zen et Christianisme » d’Evelyn DE SMEDT, a fait date à sa sortie.
 Il est pourtant mince, et le sujet avait déjà été largement abordé, dans de gros bouquins… écrits par les catholiques (j’ai plusieurs livres « sérieux » et savants de cette époque écrits par des curés et des moines).
 Personnellement, je ne crois pas qu’en si peu de pages, on puisse faire le tour de la question, d’autant que le Zen et le Christianisme n’ont pas beaucoup de points communs – hormis que la Nature-de-Bouddha puisse être comparée au Christ cosmique et universel, ou Dieu.
 En vérité, cela mériterait de gros volumes de théologies comparées et croisées – et je pense que cela vaudrait le coup de s’y mettre !

 Mais à l’époque, fin des années 80, après la mort du Senseï, les premiers disciples de Deshimaru et les nouveaux venus au Zen à leur suite, qui venaient quasiment tous du catholicisme, étaient perdus et cherchaient de nouvelles réponses.
 Heureusement !, Maître Deshimaru, dont Evelyn DE SMEDT fut une proche disciple, avait bien compris que le catholicisme, dont ses disciples ne voulaient plus, ou moins, et la figure du Christ, devaient trouver un miroir dans la pratique du Zen et de Zazen : c’est pourquoi ce livre-ci fut bien venu dès sa sortie et rencontra un franc succès. Deshimaru aurait-il accordé son imprimatur ?
 Néanmoins, même si l’initiative est belle, le résultat n’est pas forcément heureux. Cet ouvrage repose sur une béquille, qui glisse facilement, c’est pourquoi j’invite les pratiquants du zen à faire de la théologie comparée – ou alors, de laisser tomber l’improbable lien Zen/Catholicisme (Christianisme encore moins, car trop vaste). Les spiritualités asiatiques sont trop exotiques dans leurs façons de penser – à moins de les embrasser pleinement. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre…

 Après l’Avant-Propos de Vincent Bardet, puis la Préface de J-Y Leloup, vient une Introduction en deux parties (Historiques aperçus et Historique du Zen) : et voilà déjà 1/3 du livre de passé.
 Puis ce sont les Témoignages, et cette partie-là vaut vraiment la lecture :
– Maitre Taisen Deshimaru : 9 pages que j’ai trouvé fort intéressantes !
– le père Enomiya Lassalle : lui qui a écrit de si beaux livres ne tient pas sur une page entière…
– Kakichi Kadawaki : témoignage d’un jésuite japonais sur à peine 2 pages.
– le père Besnard : 5 pages pour ce prêtre dominicain qui nous explique sa pratique de zazen.
– le moine bénédictin, Pierre-François de Béthune : 5 pages de témoignage très prévisibles, on ne le dirait pas catholique !
– le cardinal Lercaro : on nous parle en un peu plus d’une page, de la vision de cet archevêque de Bologne au sujet de l’oraison, et encore… c’est assez inutile.
Tout cela c’était la première partie du livre.

 La seconde partie s’intitule « Rencontres entre Zen et Christianisme » : cette deuxième moitié du livre est vraiment la plus intéressante, car là, l’auteure, s’appuyant sur son Maître, met en parallèle les notions et pratiques du bouddhisme Zen Sôtô avec celles du Christianisme.
 Ces rencontres entre deux traditions spirituelles fortes (quoi que le bouddhisme zen ne soit pas le plus pratiqué en Asie ! Tandis que le Christianisme lui est omniprésent !) sont plutôt bien pensées (mais peut-on espérer « une révision et une augmentation » du contenu dans une réédition ?).
 Voilà : « Zen et Christianisme » vaut surtout pour la seconde partie du livre.
 Les témoignages sont intéressants, mais il en aurait fallu bien plus ou les rendre plus étoffés.

 Bonne lecture !

Zui Ho.

 

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