François-Marie PERIER – La Porte Étroite et le Grand Véhicule

François-Marie PERIER – La Porte Étroite et le Grand Véhicule – des premiers Chrétiens aux Bodhisattvas : révélations sur les origines du Mahayâna.
Editions Le Mercure Dauphinois. 24/10/2017. ISBN : 97-2-35662-238-9. 165 pages. 17euros.

http://www.lemercuredauphinois.fr/controleur_livres/view/la-porte-etroite-et-le-grand-vehicule

Rencontre : RENCONTRE AVEC FRANCOIS-MARIE PERIER (La Porte Etroite et le Grand Véhicule)

françois marie perier la porte etroite

 L’étude d’un chercheur indépendant vient bouleverser l’histoire des religions entre Orient et Occident et jeter une nouvelle lumière sur l’émergence encore inexpliquée du Grand Véhicule bouddhiste au Ier siècle après J.-C., démontrant l’influence des premiers Chrétiens sur la naissance du Mahâyâna, dans l’espace fortement hellénisé de l’empire Kushana (Chine, Afghanistan, Pakistan, Cachemire, nord de l’Inde), héritier des conquêtes d’Alexandre, où le grec et l’araméen étaient les langues couramment parlées et écrites. L’idéal du bodhisattva renonçant au Nirvana et se sacrifiant par compassion pour l’Humanité devenait la valeur suprême du nouveau Dharma se destinant à sauver l’ensemble des êtres.
 La double révolution simultanée du Christianisme au Proche-Orient et du Grand Véhicule en Orient, respectivement au sein du Judaïsme et du Bouddhisme, transforma l’Europe et l’Asie, mais fut-elle vraiment une coïncidence ? Un même être et ses disciples peuvent-ils en être à l’origine? Plus d’un milliard de croyants sur plusieurs continents prient-ils aujourd’hui sans le savoir un même homme et suivent-ils des enseignements très proches en croyant que tout les oppose, trompés par la coloration culturelle des faits historiques ou des dogmes ?
 Pourquoi, en même temps que l’art gréco-bouddhique, une triade de bouddhas et bodhisattvas d’Occident apparut-elle du néant au Gandhâra, au Ier siècle de notre ère, constituée d’un bouddha de lumière infinie, d’un bouddha de Compassion blanc qui avait traversé les Enfers, émané du précédent, et d’un troisième amenant la puissance et l’inspiration, et cela aux côtés d’un bouddha messianique et d’une figure féminine, maternelle et salvatrice incarnant la Sagesse ? Quelques questions parmi tant d’autres soulevées dans cette recherche.
 À travers une plongée historique, iconographique et théologique dans le Christianisme et le Bouddhisme Mahâyâna à l’aube de leur apparition, ainsi que dans leurs textes fondateurs et leurs évolutions au cours des premiers siècles de notre ère, l’auteur ne craint pas d’affirmer les origines communes du Christianisme et du Grand Véhicule bouddhiste et de lancer un message de connaissance réciproque et de réconciliation aussi bien aux représentants religieux et aux universitaires qu’aux Bouddhistes et aux Chrétiens du quotidien.

 François-Marie Périer, né en 1969, a été professeur d’italien et de lettres puis a travaillé sept ans comme guide de voyages en Inde, au Proche-Orient, en Europe et en Amérique centrale et réalisé des reportages sur le Bouddhisme dans le monde tout en approchant de l’intérieur un grand nombre de traditions religieuses, de l’Asie à l’Amérique du Nord. Photographe et écrivain, il a publié une dizaine d’ouvrages, entre carnets de voyage, traductions, portfolios et essais. Il enseigne la Civilisation indienne dans une université populaire.

*** Mon Avis ***

Un ouvrage passionnant, qui pose question, et qu’il faut absolument lire !

 

Avant d’aller plus loin, veuillez lire la quatrième de couverture, si vous l’avez passé.

 Mon esprit Punk aime particulièrement les livres explosifs, qui vont ouvrir de nouvelles portes avec audace et courage. J’aime les théories marginales ou dissidentes, qui vont ouvrir des brèches avant-gardistes, et dont on verra dans 20 ans ou plus malheureusement, qu’ils avaient raison. Taper dans la fourmilière est parfois salutaire. François-Marie Périer pose des questions que j’aurai bien posé aux « spécialistes ».
 A la lecture de l’ouvrage de François-Marie Périer (F-M.P), on comprend que l’opus est de ce calibre, et cela vaut d’ailleurs quelques déconvenues à cet auteur. A-t-il raison, a-t-il tort ? Ce n’est pas à moi d’en décider. Je ne fais que transmettre. Et mon unique avis, c’est que vous devriez lire de suite ce livre.

 Ce livre est le fruit d’une recherche intense de l’auteur qui étudie la géographie, l’histoire, la chronologie, mais aussi l’iconographie et bien sûr les doctrines pour écrire son livre, qui suit donc un fil conducteur, une logique parfois fragile et ténue, mais pertinente, et qui m’a fait dire à la fin qu’il n’avait peut-être pas tort, et certainement raison. Evidemment, l’auteur donne les sources de ses lectures.
 Humblement, modestement, F-M.P avance des idées, le plus souvent soutenues par des faits, et fait la démonstration de ses recherches : « Le Bouddhisme Mahâyâna est né sans explication officielle en Afghanistan au Ier siècle après J-C, avec l’idéal du bodhisattva de compassion Avalokiteshvara et le culte du bouddha messianique de l’amour Maitreya, dans les royaumes indo-grecs héritiers d’Alexandre où on parlait grec et araméen… Une nouvelle perspective pourrait expliquer cette révolution qui a fait du Grand Véhicule la forme majoritaire du Bouddhisme aujourd’hui.« 

 Pour F-M.P, l’apparition « spontanée » du Mahayana coïncide avec les missionnaires du Christ au 1er siècle (et l’apôtre Thomas ?), via l’espace gréco-indien de l’immense empire Kushana et du Gandhara, et les premières routes commerciales. Les figures importantes du Mahayana naissent alors que pénètrent en Asie les figures de la légende chrétienne (qui elle-même, récupérera des figures et fêtes païennes – et il n’est pas inutile de rappeler que les tibétains avec le tantrisme firent le même effet de manche avec les divinités indiennes !), et qu’il apparaît en même temps de nouvelles doctrines bouddhiques au fur et à mesure que se diffusent les idées chrétiennes… cette hypothèse est tout de même vachement plausible non ?

 Je pense qu’il faut voir dans cet opus empli de faits reliés par de fortes intuitions, un sentier, une piste, où il ne faut rien affirmer sauf qu’elle conduit quelque part.
 Comme dirait Jésus, « Que celui qui se trouve libre de péché lui jette la première pierre ». L’introduction du livre devrait convaincre quiconque que l’auteur est sain d’esprit et qu’il prend des gants sur le terrain vague qu’il explore. Certainement que François-Marie Périer n’a pas la science infuse, ni à disposition une bibliothèque universitaire, ni qu’il passe son temps comme chercheur universitaire : alors restons zen. Il est passionné. Il ne mérite nullement la lapidation intellectuelle, spécialité française, mais au contraire du soutien.
 Je crois qu’il faut rendre à César ce qui lui appartient et donc, reconnaître que François-Marie Périer ose ce que peu ont osé avant lui, et qu’il ouvre des portes, certes étroites, et qu’il faut l’encourager, et l’aider dans son action.

 En vérité, « La porte Etroite et le Grand Véhicule » nécessiterait une suite qui développe et amplifie cette trouée dans la forêt vierge menée par F-M.P.
 Mais aussi un droit de réponse en quelque sorte pour les grognards. Comme Michel Onfray et Frédéric Lenoir ont eu droit à des contre-enquêtes au sujet de certains de leurs livres, il serait honorable pour les spécialistes, les bouddhologues, de répondre à François-Marie Périer – si leurs arguments sont conséquents et si F-M.P nécessite cela. Je crois que cela assainirait le dialogue apparemment tendu entre l’auteur et les « experts » du bouddhisme.

 Je n’ai que qu’une déception : que F-M.P. n’ait pas consulté l’ouvrage de François Favre, « Mani, Christ d’Orient, Bouddha d’Occident ».
 Pour finir, non, « l’ascète barbu » du Musée Guimet sur la couverture du livre n’est pas François-Marie Périer (mais peut-être Jésus) !

 Je vous recommande fortement la lecture de « La Porte Etroite et le Grand Véhicule » de François-Marie Périer, que j’ai dévoré et que je vais relire !

 Bonne lecture,

Zui Ho.

PS : en plus de mon interview avec l’auteur (http://www.sameshores.fr/), on le trouvera également sur Youtube, et sur RCF radio à cette adresse :

https://rcf.fr/culture/livres/la-porte-etroite-et-le-grand-vehicule
 

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