Ajahn Chah – Être ce qui est, L’essence des enseignements du Bouddha

Ajahn Chah – Être ce qui est, L’essence des enseignements du Bouddha.
Trad.: Jeanne Schut.
Editions Sully. 30.01.2018. 280 pages. 19euros.
ISBN-13: 978-2354323080

https://www.editions-sully.com/l-216-etre,ce,qui,est.html

RENCONTRE AVEC JEANNE SCHUT (Ajahn Chah – Être ce qui est)

ajahn chah etre ce qui est

Ajahn Chah (1919-1992) est un maître bouddhiste thaïlandais extrêmement respecté dans son pays et qui a profondément influencé toute une génération d’enseignants spirituels occidentaux. L’une des raisons de sa popularité est la clarté et l’accessibilité de ses paroles qui s’adressent à des personnes de milieux culturels très variés. Il était capable d’enseigner au moyen des concepts traditionnels du Dhamma mais aussi de transmettre la vérité sous forme d’analogies et de fables, de sorte qu’il pénétrait le cœur même de ses auditeurs. Il le faisait avec énormément de chaleur et d’humour sans jamais sacrifier à la profondeur.
« Simple et profond » est une expression qui s’applique particulièrement bien à l’enseignement d’Ajahn Chah.

Les textes présentés ici ont été recueillis et traduits par son disciple Paul Breiter, qui rejoignit son monastère dans la forêt thaïlandaise à la fin des années 1960 et y séjourna, avec d’autres Occidentaux, pendant de nombreuses années. Plusieurs photos donnent vie à cette période. Cette version anglaise a été traduite en français par Jeanne Schut.

Jack Kornfield, qui vécut dans le monastère d’Ajah Chah, nous dit :
« En lisant ces pages, vous pouvez vous imaginer au cœur de la forêt, en début de soirée… La lumière des bougies vacille, les bruits des créatures de la forêt s’apaisent avec la tombée de la nuit, les cigales chantent. C’est le moment où vous réfléchissez à votre propre engagement dans une vie consacrée à la vigilance et à la vérité… »
« Laissez votre cœur être touché par ces enseignements et prenez le temps de les assimiler lentement. Qu’ils inspirent votre réflexion, apaisent votre esprit et vous guident vers la délivrance ultime. »

 

*** Mon avis ***

Un recueil d’enseignements fabuleux d’Ajahn Chah, grand maître du Theravada

 Ce recueil des enseignements d’Ajahn Chah (1919-1992), grand maître thaïlandais de la Sangha des moines de la forêt, est collationné par son disciple Paul Breiter à partir des enseignements donnés en langue thaïe, lors des « sessions du soir ».
 En effet Ajahn Chah discourait de temps en temps après la méditation silencieuse du crépuscule. L’ouvrage, publié par les inévitables éditions Sully, est préfacé par un autre de ses disciples, le très connu Jack Kornfield, et traduit depuis l’anglais par une autre disciple, Jeanne Schut.

 Il faut d’abord souligné que la traduction et la retranscription des paroles enregistrées du maître bouddhiste est excellente et que l’on est rapidement plongé dans cette atmosphère propre aux forêts thaïes : ainsi je me suis senti à la lecture comme étant l’interlocuteur direct d’Ajahn Chah.
 C’est presque comme si je l’avais rencontré en personne, et qu’il m’avait parlé et transmis ces enseignements. C’est très rare de lire une telle chose – c’est un vrai tour de force ! C’est très appréciable, et je me suis senti honoré et privilégié d’être ainsi pris dans cette discussion avec Ajahn Chah. De ce fait, son enseignement passe donc comme une lettre à la poste. J’en remets une couche : Jeanne Schut excelle dans la traduction !
 Mais ne croyez pas pour autant que ce soit facile : non ! Ajahn Chah est un franc-tireur. Il ne prend pas beaucoup de gants, pointe et examine toutes les difficultés de ceux qui viennent lui demander d’apprendre sous ses ordres – pas seulement la méditation, mais tout l’enseignement bouddhique. Et il dispense ce dernier de manière rigoureuse.
 De plus, le fait que ce soient des dialogues (un peu) ou monologues (surtout) ne fait pas apparaître forcément une structure, et il a bien fallu que Paul Breiter donne donc des titres à tout ça.

 L’ouvrage est ainsi divisé en six parties, où il s’agit à chaque fois d’agir en accord avec le Dhamma. « Pratiquer le Dhamma » est le plus long de tous, et l’on voit ainsi quelle importance Ajahn Chah donnait à cet aspect, car il est important de pratiquer avec justesse.
 Pour vous rendre l’enseignement oral et atemporel du maître thaïlandais, et parce qu’Ajahn Chah parle mieux que moi de sa profonde sagesse, je vous ai souligné quelques passages à chaque fois, pour vous donner l’envie de le lire ! Je ne peux que m’effacer derrière ses paroles si justes :
1. Entendre le Dhamma. « Alors, quand vous écoutez le Dharma, ne croyez pas que c’est tout ce qu’il y ait à faire. Prenez-le à coeur et pratiquez-le ! Faites-en la cause et la condition qui vont vous permettre d’atteindre le nibbana, l’au-delà de la mort, la cessation de la souffrance et la véritable paix« .
2. Comprendre le Dhamma. « Tant que l’on vit dans le monde, il y aura toujours des choses à faire mais on peut les faire en lâchant prise. Alors l’esprit est paisible, sans détresse et on peur travailler tout à son aise. C’est la manière juste de gagner sa vie. Et même si le travail à accomplir est dur et déplaisant, c’est acceptable« .
3. Pratiquer le Dhamma. « En conséquence, la voie juste qui mène à la paix, la voie que le Bouddha a montrée pour atteindre le véritable bonheur, est sila (la vertu morale), samadhi (la concentration méditative) et panna, la sagesse. Telle est la voie de la pratique. C’est un chemin qui mène à l’abandon complet de l’attachement au désir, de l’aversion et de la confusion mentale. Cela implique d’aller à l’encontre de nos tendances habituelles à la facilité et à la recherche du plaisir et du confort. Il faut donc que nous soyons prêts à endurer certaines difficultés et à faire des efforts« .
4. Voir le Dhamma. « Il faut écouter les enseignements et puis lâcher, mettre les concepts de côté et pratiquer vraiment. La connaissance qui asséchera le doute vient de l’action, de l’effort investi dans la pratique. Elle n’apparaît pas du simple fait de poser des questions à quelqu’un. Mais il est difficile de maintenir l’enthousiasme pour la pratique et l’effort qu’elle requiert. Nous voulons vite atteindre l’Eveil mais nous avons tendance à être paresseux. Le Bouddha a dit : ‘Les doutes disparaîtront de l’esprit du méditant du fait de sa pratique constante’. C’est la seule option; voilà pourquoi il nous incite à nous appliquer avec un effort soutenu« .
5. Etre le Dhamma. « Si on cherche l’Eveil, on ne pourra jamais y arriver. On pourrait essayer pendant des années sans succès. Mais à l’instant où Ananda a décidé de s’arrêter, de se reposer et de déposer son fardeau de désir d’Eveil, simplement en se détendant tout en restant dans un état d’attention bien établie, l’esprit a lâché le désir et il a pu « voir » et s’éveiller. Il n’a pas eu besoin de faire quoi que ce soit de spécial. Avant il voulait que quelque chose se produise et cela ne fonctionnait pas parce qu’il ne se donnait aucune chance de s’abandonner, aucune chance de s’éveiller au Dhamma« .
6. Enseigner le Dhamma. « Tout le monde peut donner quelque chose, n’est-ce pas ? Dans la culture thaïlandaise, la générosité est un trait de caractère traditionnel. Mais abandonner les mauvaises actions – pensez-y un peu ! Un voleur ne le fera pas à moins de subir une authentique transformation. Vous pouvez envisager la question à partir de ce petit exemple. Voilà ce que signifie pratiquer le Dhamma et le vivre. Il n’est pas difficile d’écouter; mettre en oeuvre ce que l’on a entendu est plus difficile. Nous avons besoin de voir et de réaliser la vérité des enseignements en les pratiquant, pas seulement en les entendant. Nous devons écouter et acquérir une compréhension de cette écoute. Ensuite il faut encore tourner cela vers l’intérieur pour y voir plus clair et recommencer encore et encore. Après, il n’y aura plus de problèmes« .

 Chacune des parties de cet ouvrage est succulente, tant pour ce qui est transmis que pour la façon dont cela l’a été. C’est un ouvrage parfait !!
 La sagesse et les connaissances d’Ajahn Chah, apprises avant de vivre en forêt, sont telles que plusieurs de ses recueils d’enseignements sont aujourd’hui traduits dans le monde entier et en France.
 Lui qui eut des funérailles nationales rayonna dans le monde entier durant tout le temps de son « sacerdoce ».
 Nous avons la chance de pouvoir apprendre de lui par ce merveilleux ouvrage qu’est « Etre ce qui est, l’essence des enseignements du Bouddha ». C’est un ouvrage de référence du bouddhisme theravada.

 Merci Jeanne Schut, merci Sully !

 Et bonne lecture !

Zui Ho.

Ajahn Chah, Bouddhisme Theravada, Tradition (des moines) de la foret, Editions Sully, Jeanne Schut, Paul Breiter, Jack Kornfield, Livre bouddhiste, Livre Bouddhisme, ouvrage de référence, Recueil.

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