Seung SAHN – Zen : les essentiels du bien-être

Seung SAHN – Zen : les essentiels du bien-être.
07/03/2004. 286 pages. Editions Gründ. ISBN : 978-2700085013

Seung SAHN - Zen les essentiels du bien-être

Pas de 4ème de couverture,
ni de lien vers l’éditeur.

***

 J’étais sceptique à l’achat de ce livre : avec un titre pareil (par ailleurs à moitié mensonger, mais accrocheur), on s’attend, quand on connait le sujet, à un truc bateau qui n’apprendra pas grand chose aux gens attirés par « le Zen ».
 Néanmoins, je n’avais pas le moindre livre du très réputé, sulfureux mais feu maître zen coréen Seung Sahn – et j’ai eu cet ouvrage pour presque rien.
 J’attends donc toujours de trouver et lire ses fameuses « Cendres sur le Bouddha ». En attendant, nous pouvons donc nous pencher sur « Zen : les essentiels du bien-être ».

 Par contre, mon intuition ne s’était guère vraiment trompée…
 Car c’est le Centre Zen de Providence, où il séjournait aux USA, qui a compilé les enseignements et autres bricoles du maître et leur a donné la forme de koâns : 235 de son cru ! Et en décembre 1991, le coréen Seung Sahn, né au Nord et mort au Sud, a rédigé une introduction à tout cela pour parution.
 Gründ a traduit en français et publié cela en 2004 dans sa collection Clin d’Oeil, dans un joli format carré à la couverture tissée  de vert, avec un « bouton de Duffel-Coat » pour fermer l’ouvrage. En outre, les pages sont parsemées de dessins, de formes florales et de photos. Un bel objet !

 Cependant, je vous avoue tout de suite : je n’ai pas accroché aux koâns. C’est un melting-pot comme le dit son auteur : des choses viennent de lui, mais il fabrique ses koâns de tout ce qu’il peut trouver, un peu à la manière d’un Chogyäm Trungpa ou d’un Taisen Deshimaru, mais en moins bien. C’est quand même pas mal hétéroclite, ou éclectique ! C’est forcément déroutant, un peu honteux, parfois très profond, et je ne suis pas sûr que tout soit à la portée du public lambda.
 Par contre, l’Introduction rédigée de son pinceau chinois est proprement excellente, et vaut à elle-seule l’achat du livre. Seung Sahn n’apprend rien de nouveau aux aguerris du Zen, mais il L’exprime très bien et très clairement.
 Je vous copie donc la première partie de l’Introduction, écrite bizarrement en majuscules :

 « Le Zen signifie une meilleure compréhension de soi. « Qui suis-je ? » : voilà la question importante. Quelle est la chose, unique, pure et claire ? Si vous la trouvez, vous vous libérerez de la vie et de la mort.
 Comment peut-on atteindre cette liberté de la vie et de la mort ? Tout d’abord, il faut que votre direction devienne claire. Pourquoi pratiquez-vous le Zen ? Pourquoi mangez-vous tous les jours ? C’est ce que vous devez trouver.
 Lâchez tout, votre opinion, votre condition et votre situation. D’instant en instant, faites-le et c’est tout. Alors, il n’y a plus de sujet, plus d’objet, plus d’intérieur ni d’extérieur. Intérieur et extérieur deviennent un.
 Votre direction et ma direction, votre action et mon action sont pareilles. C’est ce que l’on appelle la Voie du Grand Bodhisattva.

 Quand vous lâchez tout, vous pouvez croire totalement en votre véritable moi. Votre esprit est alors clair comme l’espace, lequel est clair comme un miroir : le rouge apparaît, le miroir est rouge, le blanc apparaît, le miroir est blanc.
 Si quelqu’un a faim, donnez-lui à manger, si quelqu’un a soif, donnez-lui à boire. Tout se reflète dans ce miroir clair. Alors, vous pouvez voir, entendre, sentir, goûter, toucher et penser clairement.
 Le ciel est bleu, l’arbre est vert; le sel est salé, le sucre est sucré. Un chien aboie : « Ouaf, ouaf ! » « Juste ainsi » tout est vérité. Et vous êtes aussi vérité.

 Et alors, comment cette vérité fonctionne-t-elle correctement ? Votre vie est-elle correcte ? D’instant en instant, vous devez sentir votre situation correcte, votre relation correcte et votre fonction correcte.
 Si vous avez faim, et bien quoi ? Et si quelqu’un d’autre a faim, et bien quoi ? Si vous rencontrez le Bouddha, que faites-vous ? Où jetez-vous la cendre de votre cigarette ?
 En général les gens comprennent tout cela, pourtant ils n’arrivent pas à le faire réellement. Si vous le faites complètement, alors votre esprit de tous les jours est la vie correcte. Jésus a dit : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie ». C’est pareil.

 La plupart des gens comprennent trop. Cette compréhension ne peut vous aider dans votre vie. Descartes a dit : « Je pense, donc je suis ». Si vous ne pensez pas, et bien quoi ?
 Si vous avez une grande expérience mais si vous ne parvenez pas à atteindre la chose pure et claire, toute votre compréhension et votre expérience seront inutiles dans votre pratique. Par conséquent, la pratique n’a rien à voir avec la compréhension.
 Le Zen signifie simplement « aller tout droit » et « ne sais pas ».« 

 Ce livre est une découverte à tenter, surtout qu’on le trouve d’occasion pour trois fois rien (ce qui est mieux que rien du tout !) !

Bonne lecture !

Zui Ho.

Seung Sahn, Son (Zen coréen), Bouddhisme zen, Editions Gründ, kôans, recueil,

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