Kenryo KANAMATSU – Le Naturel – un classique du bouddhisme Shin

Kenryo Kanamatsu – Le Naturel – un classique du bouddhisme Shin
Suivi d’un commentaire de Reza Shah-Kazemi.
Préface de Françoise Bonardel, traduit de l’anglais par Ghislain Chetan

Editions L’Harmattan, collection Théôria.
07/03/2011. 12.5euros. 121 pages. ISBN-13: 978-2296130708.

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=33628&razSqlClone=1

Kenryo Kanamatsu - Le Naturel

La tradition Shin est moins connue en Occident que le Zen, le Vipassana ou le bouddhisme tibétain, et pourtant D.T. Suzuki – reconnu comme le plus éminent porte-parole du bouddhisme pour des lecteurs de culture occidentale – l’a définie comme la contribution religieuse majeure du Japon à l’Occident. Son message de sainte liberté, ou de naturel, qui survient quand l’homme se conforme avec un attachement sincère à l’éternelle Volonté salvatrice du Bouddha, fut une voie d’éveil spirituel qui illumina une multitude de Japonais dès le sixième siècle, lorsque le bouddhisme fut introduit au Japon. Le Naturel de Kanamatsu, rédigé en 1949, est plus qu’une introduction à l’essence du bouddhisme Shin, le développement final du bouddhisme de la Terre pure ; c’est une méditation profonde et illuminatrice sur la relation entre l’homme et le Bouddha Amida, lequel est pure miséricorde, lui dont le Nom est un véhicule de la Réalité nirvanique. Comme le fait observer Reza Shah-Kazemi, un tel texte a une valeur universelle et s’adresse à tout lecteur de bonne volonté, indépendamment de son appartenance confessionnelle. Combinant l’érudition d’un philosophe à la sensibilité d’un poète, Kanamatsu conduit le lecteur au coeur du sujet, là où l’homme peut s’unir à la nature de Bouddha jusque dans les activités ordinaires de sa vie. La profonde compassion et la délicate simplicité de cette uvre classique – qui, à la manière d’un haïku, exprime des volumes en quelques mots – interpelleront tous ceux qui cherchent un antidote spirituel à l’artifice et à la laideur qui causent tant de souffrance dans le monde actuel.

Né en 1915 à Kyoto, Kenryo Kanamatsu obtint son baccalauréat en philosophie à l’université d’Otani. Etudiant boursier à l’Université Conrnell et à l’Université de Chicago, il passa son doctorat et enseigna connue professeur à l’Université d’Otani. Outre son livre, Le Naturel, le Dr. Kanamatsu traduisit les oeuvres de Platon en japonais et écrivit un livre sur la théologie et la cosmologie platoniciennes qui n’a pas encore été traduit en français. Il fut toute sa vie un adepte du bouddhisme Shin. Il est mort en 1986.

*** Mon Avis ***

Un véritable bijou du Bouddhisme Shin, sorte de bouddhisme chrétien : à lire absolument !

 

 Est-ce politique, est-ce historique, idéologique ou simplement spirituel ? Il n’empêche que le bouddhisme Shin (Shinshû, ou Jōdo-Shinshū (École véritable de la Terre pure)) est très mal connu voire inconnu en France.
 Ce bouddhisme est néanmoins très populaire et des plus pratiqués en Chine et au Japon, et fait partie des Bouddhismes de la Terre Pure.
 Pourquoi ce bouddhisme ne s’est-il pas officiellement et fortement implanté en France ?
 C’est pourtant, avec le Zen Sôtô, le bouddhisme aux pratiques et idées les plus « simples » et appropriables par le commun des mortels (l’école Obaku est d’ailleurs une fusion des deux !).
 Néanmoins les formidables éditions de L’Harmattan ont publié* plusieurs des livres de ce bouddhisme, traduits par Ghislain Chetan#. « Le Naturel » est le meilleur que j’ai lu sur bouddhisme Shin :

 En effet, « Le Naturel – un classique du bouddhisme Shin », ce petit livre de Kenryo Kanamatsu (1915-1986), est un diamant de sagesse absolue, d’une profondeur telle qu’elle foudroie le coeur et l’esprit, comme seuls les japonais savent l’exprimer, qui parlent de coeur à coeur.
 Personnellement, j’ai été frappé à sa lecture – par sa perspicacité et sa luminosité, sa simplicité, sa piété et sa lucidité – et il ne pouvait de ce fait qu’atterrir dans mon TOP20.
 L’opus écrit en 1949, révisé en 1955, est assez court et se lit plutôt facilement – mais c’est tout de même de la mystique. Il est préfacé par l’érudite Françoise Bonardel et ouvert par une introduction de l’auteur. J’ai bien moins apprécié la récupération intellectuelle de Reza Shah-Kazemi dans son commentaire du Naturel de Kenryo Kanamatsu, positionné après Le Naturel.

 On penserait qu’il suffit de réduire à la dévotion et à la récitation du Nembutsu le bouddhisme Shin, et ainsi, lui enlever tout intérêt. [Le Nembutsu, c’est : « Namu-Amida-Butsu », « Salutation au Bouddha de la Lumière Infinie »]. C’est une erreur honteuse.
 En France, la foi et l’esprit de dévotion ne sont pas très développés dans les autres formes de bouddhisme, la piété idem, et l’idée de répéter pendant une heure le même mantra pour être « sauvé » (et parvenir à la Terre Pure d’Amida) n’est guère séduisant intellectuellement parlant, et nécessite presque une confiance aveugle.
 Le Shinshû a par ailleurs de nombreux points communs avec le catholicisme – et l’auteur cite régulièrement des passages bibliques ou citent des catholiques – et cela va à l’encontre des pratiquants bouddhistes français, qui souhaitent s’émanciper de la religion.
 Mais je vous le répète : faire l’impasse sur ce livre est encore une erreur et bien plus grave. En effet, le tout premier chapitre est particulièrement intense, dense et lumineux et se nomme « La pure perception intuitive ». C’est de l’or pur, et les autres chapitres sont du même tonneau. Je devrais carrément vous le recopier pour vous en donner la preuve.
 Je ne vous en donne donc qu’une petite partie, sur la paramita du Don :

« L’esprit du renoncement est la réalité la plus profonde du coeur humain. Notre soi ne peut véritablement se réaliser qu’en se donnant. C’est dans le don (dana) que résident notre joie et notre libération les plus vraies, car c’est dans cette mesure qu’il nous unit à l’Infini. Nous croissons en nous perdant nous-même, en unifiant. Obtenir une chose est partiel par nature, limité à un besoin particulier, mais le don est complet, il appartient à notre totalité, il ne jaillit pas d’une quelconque nécessité, mais de notre affinité avec l’Infini, qui est le principe de l’unité et de la perfection que nous possédons au plus intime de notre coeur. Notre bonheur durable ne consiste pas à recevoir quelque chose, mais à nous donner à ce qui est plus grand que nous, à l’idéal infini de perfection.« 

Incontournable ! Bonne et lumineuse lecture !

Zui Ho.

* Ghislain Chetan cherche encore à faire publier un dernier livre qu’il a traduit : John Paraskevopoulos, Simple est la Voie – Méditations sur le bouddhisme Shin. Aidez-le !
# J’ai préparé trois pages de questions à M. Chetan, cependant, il n’y a pas répondu, car contrairement à ce que je pensais, il n’est pas un pratiquant du bouddhisme Shin.

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