CARMINA SACRA – Poésie latine chrétienne du Moyen Âge, IIIe-XVè siècle

CARMINA SACRA – Poésie latine chrétienne du Moyen Âge, IIIe-XVè siècle
CARMINA SACRA MEDII AEVI, Textes recueillis, traduits et commentés par Henry Spitzmuller
Editions Les Belles Lettres
12/11/2018, 1940 pages, 75euros.
ISBN-13: 978-2251448725

https://www.lesbelleslettres.com/livre/3819-carmina-sacra-poesie-latine-chretienne-du-moyen-age

CARMINA SACRA - Poésie latine chrétienne du Moyen Âge

Wilamowitz, le plus fameux des philologues allemands, dit de la poésie latine en général qu’elle n’atteint son sommet que lorsqu’elle acquiert dans les nouvelles formes rythmiques chrétiennes une richesse que les Romains n’ont jamais possédée. Henry Spitzmuller le sait bien lorsqu’il publie en 1971 un livre magistral et monumental, une somme bilingue de poésie latine chrétienne couvrant la totalité du Moyen Âge – un millénaire et quart. De ce livre de référence, même cinquante ans plus tard, il n’existe pour le lecteur français aucun équivalent. Aucune publication n’a, comme celle-ci, donné accès à la vastitude poétique et littéraire de ce premier millénaire. Ces 1200 ans de poésie, du IIIe siècle au XVe, commencent à Rome avec le christianisme, dans cette langue latine qui est le socle de la nôtre. L’ouvrage édité par Spitzmuller ne comble pas seulement une lacune, mais il efface un gouffre d’ignorance. Dès sa parution
l’on ne cessa de s’y référer. De nombreux auteurs et de nombreuses œuvres ne se trouvent en effet qu’ici.

On peut lire ce volume aussi bien en esthète qu’en mystique, aussi bien en philosophe qu’en historien. Des figures centrales le composent qui, réduites à leurs travaux théoriques par un siècle partisan, ne purent donc apparaître comme étant aussi les grands écrivains et poètes de leur temps : saint Ambroise et saint Augustin, Lactance, Boèce, Commodien, Prudence, Arator et le pape saint Grégoire le Grand (qui donna son nom au chant « grégorien »), mais également Bède le Vénérable, saint Pierre Damien, saint Anselme, Abélard, saint Bernard, sainte Hildegarde, Adam de Saint-Victor, Alain de Lille, Thomas de Celano, saint Bonaventure, saint Thomas, Jacopone da Todi, Thomas a Kempis, Savonarole, Pic de la Mirandole… Au total ce sont cent-seize écrivains médiévaux dont on découvre l’œuvre poétique : des auteurs célèbres que l’on n’a pas encore lus, aussi bien que des auteurs inconnus dont, sans le savoir, l’on a déjà entendu les pages car elles font partie du patrimoine de l’humanité. S’ajoute à cela un large ensemble de textes anonymes transmis par la tradition populaire ou liturgique, et qui, des Hymnes de Pâques du Ve siècle aux Cantiques de Noël du XVe en passant par la Lamentation de l’âme damnée ou le Rythme pour le jour du Sabbat éternel, sont autant de chefs-d’œuvre dont l’existence imprègne l’histoire littéraire tout autant que la vie de la liturgie contemporaine.

Une telle somme de poésie ne fût pas complète si elle n’était irréprochablement éditée par Spitzmuller : pédagogiquement annoté et commenté, le volume réserve deux-cents pages aux divers éclaircissements historiques ainsi qu’aux notices biographiques de chacun des auteurs. En dépit du trésor qu’il constitue à lui seul, ce livre magnifique demeurait parfaitement introuvable. À ceux qui vont découvrir ce grand-œuvre comme à tous ceux qui l’attendaient depuis longtemps, cette nouvelle édition fera saisir, peut-être, la façon dont certains rares ouvrages peuvent devenir le livre d’une vie.

*** Mon Avis ***

La Somme indépassable et indispensable de la poésie chrétienne

 

 Monumentale, monolithique, magistrale, époustouflante, épaisse, mystique, adorable, sans équivalent, et gorgée de louanges, de poésie, de cantiques, d’hymnes, de suppliques et d’adresses au Dieu chrétien : cette réédition d’un premier ouvrage paru en 1971 chez Desclée de Brouwer, Carmina Sacra, est absolument somptueuse – et parfaite.
 On ne pouvait s’attendre à moins venant des Belles Lettres, cette vénérable institution et gloire de la littérature française qui fait de l’oeuvre écrite une oeuvre d’art à part entière. Je suis un mordu des Belles Lettres !
 

 Techniquement, la dodue Table des Matières nous annonce une Introduction historique en 16 chapitres, puis en deuxième partie les textes rangés par sections.
 Je ne saurai vous dire le nombre de textes compilés ici, mais la première section compte (et comprend des saints !) 116 auteurs et la seconde 141 (nombreux sont les figures illustres et historiques que l’on retrouve dans Carmina Sacra !), suivis de plus de 200 pages de commentaires et notes d’Henry Spitzmuller, ainsi qu’une grosse bibliographie et des Index. Soit bientôt 2000 pages, oui oui !
 Bref « c’est une Bible » : un pur chef-d’oeuvre. Le papier soyeux est un peu plus épais que celui d’une véritable bible et sa couleur est crème : on reste ainsi dans le domaine de la spiritualité chrétienne ! Par contre, ce n’est pas une bible de poche…
 

 Mais l’Opus Magnum est inépuisable, comme le Dieu-Trine auquel ses auteurs s’adressent, ainsi qu’à la Sainte Vierge et les saints médiévaux et antiques.
 On ne cesse, dans ce pavé de 2 kilos à vue d’oeil, d’aller de joyau en joyau, et je reste émerveillé par tant de poésie, par tant d’émerveillement au tour des moines, papes, évêques, pour la Création, Dieu et ses saints et anges, et par tant de profondeur transcendantale.
 Je ne cesse de plonger dans cette Carmina Sacra chaque jour et de m’en réjouir avec délectation, comme si je savourais une friandise indémodable… C’est tellement beau, et lumineusement sacré. J’aurai pu attendre un an, si ce n’est cent, avant de vous parler de Carmina Sacra tant cette somme de poésie latine et chrétienne est incroyable !  « L’Âge des Ténèbres » que fut le Moyen Âge ne semble être qu’une vue de l’esprit à la lecture de ces merveilleux écrits aux lettres d’or…
 Notons au surplus, que la page de gauche est entièrement en latin – la langue du clergé de l’époque, la langue sacrée s’adressant à l’ultimement sacré; cela va être une joie pour les latinistes ! – et que celle de droite est en français moderne. 1250 ans de poésie latine chrétienne sont ainsi offerts aux esprits des curieux et des amoureux de la poésie, et de Dieu.
 Et Dieu sait que cette publication des Belles Lettres, cette Carmina Sacra résistera bien un siècle au moins, tant sa reliure et sa couverture sont extrêmement solides. Vos enfants et petites-enfants la reliront après que vous ayez quitté votre corps !   

 Mille fois merci aux Belles Lettres ! Elles redonnent vie à ce monument si vite épuisé et oublié depuis 47 ans, et le met à disposition du grand public ! Je lui souhaite de nombreuses réimpressions !

 Carmina Sacra : un ouvrage de référence donc, et par excellence ! Quel travail d’Henry Spitzmuller ! C’est certainement l’un des plus beaux livres qui soient !
 Je vous recommande plus que chaudement d’acquérir ce recueil de poésie inégalable, ce chef-d’oeuvre qui vous accompagnera et illuminera, jusqu’à votre dernier souffle… Nous vivons un nouveau Moyen Âge et avons ici un formidable retour vers le futur qui illumine l’âme…

 Bonne et heureuse lecture ! Et Joyeux Noël 2018 !

Zui Ho.

Henry Spitzmuller, Les Belles Lettres, Recueil, Anthologie, Poésie mystique, Poésie du Moyen-Âge, Poésie latine, Poésie chrétienne, Christianisme, TOP20, Ouvrage de référence, Somme poétique,

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