Martine BUTTEX – 108 Upanishads, traduction et présentation

(253) Martine BUTTEX – 108 Upanishads, traduction et présentation
Préface de Pierre Bonnasse
Editions Dervy
09/11/2012 – 1400 pages – 29 euros
ISBN-13: 978-2844549495

*** Mon Avis est plus bas ***

Martine Buttex 108 upanishads

>>> Entretien de Martine Buttex avec La Croix : cf PS plus bas

http://www.dervy-medicis.fr/108-upanishads-p-5180.html

http://www.editions-tredaniel.com/108-upanishads-p-5180.html

https://www.amazon.fr/108-upanishads-Martine-Buttex/dp/2844549497

 

*** 4ème de couverture ***

 Fleuron de la littérature de l’hindouisme, ces traités mystiques et philosophiques furent transmis dans le secret, de la bouche du maître à l’oreille du disciple, tout au long des siècles.
 Les Upanishads, en tant qu’ensemble, constituent la partie philosophique des Védas. Instructions religieuses avant tout, dont l’objet essentiel est la méditation et la philosophie (inséparablement liées dans la spiritualité orientale), elles traitent de la nature de l’homme et de l’univers, ainsi que de l’union de l’âme individuelle ou Soi avec l’Âme universelle.
 Ces textes sacrés védiques contiennent des enseignements ésotériques de la plus haute valeur, et ils sont la base authentique à partir de laquelle les grandes religions de l’Inde, hindouisme, jaïnisme et bouddhisme, ont essaimé.

 Martine Buttex est née à Madagascar où très jeune elle a côtoyé la communauté hindoue. Elle découvrira la pratique du Yoga à 13 ans. Plus tard, elle s’intéressera aux upanishads en les traduisant elle-même.

*** Mon Avis ***

Un pur chef-d’oeuvre – la Bible des Upanishads

 

  C’est ce qu’on appelle un pavé, un fleuron, un monolithe : 1400 pages de sagesse indienne ancestrale. Je me rappelle que le jour où je l’ai acheté, je suis allé manger dans un restaurant, et les serveurs ont rigolé de me voir lire un si gros ouvrage… mais je me régalais autant du livre que du plat.
 Car c’est une vraie Bible en soi. Une Bible des Upanishads ! Une référence ultime et incontournable sur les Upanishads, un monument de la littérature indienne et universelle, de la spiritualité hindoue qui vous donnera des années d’étude. A un prix défiant toute concurrence.
 Voici ce qu’en dit Martine Buttex : « Les Upanishads sont la quintessence de la pensée hindoue, pour expliquer comment rejoindre le divin suprême, le Brahman. (…) Les Upanishads sont généralement considérées comme la partie philosophique des Védas, mais elles sont également mystiques, ésotériques et poétiques. Elles fournissent aussi à foison des recettes adaptées aux tempéraments, pour maîtriser son corps, ses sens, sa pensée, son mental. En maîtrisant notre source unique de contacts avec l’extérieur, il s’agit de développer son intériorité, ce que les hindous nomment l’Atman, c’est-à-dire l’Âme universelle, dont chacun de nous recèle un fragment, dans la « grotte du cœur ». »
 L’ouvrage présente toutes sortes d’Upanishads, de très courtes comme de très longues – mais leur choix n’a pas été fait au hasard ! Martine Buttex est allée chercher pour chacune des Upanishads les versions sanskrites et anglaises de celles-ci auprès de maîtres indiens.
 Pierre Bonnasse, le directeur de collection Yoga intérieur, préface d’une manière très claire les 108 Upanishads. La préface est excellente, mais ce serait trop chronophage de vous en copier des extraits.

 Avant de lire les traductions, Martine Buttex nous conte une « Histoire de traductions », puis délivre une Introduction aux Upanishads fondamentale : elle nous expose tout d’abord ce qu’elles sont, puis détaille et classe les Upanishads telles qu’elles le sont dans le « Canon Muktika », qui est la référence hindouiste. On découvre qu’il existe Dix Upanishads Majeures (« les 10 exclusivement philosophiques et métaphysiques, commentées par les grands maîtres, les plus connues en Occident« ) et les 98 Mineures.
 Martine Buttex nous offre cependant, en plus du classement traditionnel par Védas, un autre donné par la Muktika Upanishad, selon un « ordre d’étude conseillé pour parvenir à la libération de son vivant« .
 Enfin, l’auteure nous y additionne un Classement thématique des Upanishads, avant de livrer une nouvelle fois une partie fondamentale : elle expose et commente chacune des 108 écritures saintes, donnant également leur historique.
 Pour clore le mammouth, un glossaire de l’auteur de 150 pages est ajouté aux Upanishads, trace de l’étude et traduction progressives de celles-ci, et quatre annexes. Quel travail colossal !! Cela a pris 20 ans à Martine Buttex, si j’ai bon souvenir.

 Malgré tout, trois adresses sont à destiner à l’éditeur Dervy. Cependant on comprendra que ces « défauts » permettent de justifier le prix accessible du bouquin :
– s’il existait un jour une « version de luxe », une version brochée à couverture rigide ce serait exceptionnel, car l’encollage est le gros défaut de cet opus magnum; une manipulation délicate est de mise.
– c’est imprimé en tout petit; ayez de bonnes lunettes, ou une loupe, car c’est aussi petit que dans une bible.
– avant la parution de cette bible des Upanishads, tout existait librement sur le site internet de Martine Buttex, avec d’autres textes « satellites » : je les ai imprimé pour les sauvegarder. Or le site a disparu avec la publication : aussi il faut souhaiter que ces textes additionnels réapparaissent lors d’une « nouvelle édition revue et augmentée ».

 Source inépuisable telle la Corne d’Abondance, ces Saintes Écritures forment un livre majeur pour qui s’intéresse à la pensée indienne.
 Il est impératif de se le procurer, et ce trésor est inestimable ! Vous mettrez des années avant de le lire, de le comprendre, de le mettre en pratique, de l’étudier ! Un de mes livres préférés, évidemment dans mon TOP 20.

 Excellente lecture !

Zui Ho.

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*** PS : ENTRETIEN: Martine Buttex, spécialiste de l’hindouisme ***

https://www.la-croix.com/Archives/2013-01-11/Martine-Buttex-specialiste-de-l-hindouisme.-ENTRETIEN-Martine-Buttex-specialiste-de-l-hindouisme.-Tout-au-long-de-la-vie-on-experimente-mort-et-renaissance-.-_NP_-2013-01-11-898151

ENTRETIEN: Martine Buttex, spécialiste de l’hindouisme. «Tout au long de la vie, on expérimente mort et renaissance».
LESEGRETAIN Claire, le 11/01/2013 à 00:00

Vous venez de publier en français les 108 Upanishads (1). Que sont ces textes fondateurs de l’hindouisme ?

Martine Buttex : Les Upanishads sont la quintessence de la pensée hindoue, pour expliquer comment rejoindre le divin suprême, le Brahman. La révélation religieuse en Inde a été mise par écrit entre le XVe et le VIIIe siècle av. J.-C. L’ensemble de cette littérature forme un tout gigantesque avec les Védas et les Puranas (célébrant un dieu particulier, comme Vishnu, Shiva…), mais aussi des épopées, des traités de grammaire, des commentaires, etc. Les Upanishads sont généralement considérées comme la partie philosophique des Védas, mais elles sont également mystiques, ésotériques et poétiques. Elles fournissent aussi à foison des recettes adaptées aux tempéraments, pour maîtriser son corps, ses sens, sa pensée, son mental. En maîtrisant notre source unique de contacts avec l’extérieur, il s’agit de développer son intériorité, ce que les hindous nomment l’Atman, c’est-à-dire l’Âme universelle, dont chacun de nous recèle un fragment, dans la « grotte du cœur ».

Dans quel contexte historique ont été écrites les Upanishads ?

M. B. : Ce contexte a évidemment varié au cours des siècles qu’a duré leur rédaction ! Et comme l’Inde n’a jamais daté aucun texte et a cherché à prouver l’antériorité de l’hindouisme par rapport aux autres religions, une recherche historique précise est hasardeuse : les indianistes ont des opinions, pas des certitudes. Le présupposé fondamental pour les hindous est que la révélation ne peut changer d’un iota : c’est le temps historique qui est irréel car transitoire, tandis que pour accéder au Brahman, il faut traverser le temps. Cela dit, les bouleversements historiques ont eu de profonds impacts, mais ils ont été intégrés. Ainsi, à la civilisation de l’Indus s’est amalgamée la culture aryenne d’où ont émergé les Upanishads, puis le boud­dhisme au Ve siècle av. J.-C. Cette civilisation s’est enrichie aussi des contacts commerciaux entre l’Inde et l’Asie mineure (la route de la soie existait depuis la Haute Antiquité), ainsi que du bref séjour d’Alexandre le Grand. Les Upanishads ultérieures vont être également influencées par le christianisme, puis l’islam.

Et sur le plan religieux, quel était le contexte en interne ?

M. B. : Au sein du brahmanisme primitif, du fait d’une éducation par mémorisation (ou psittacisme) et d’un système de castes fermé, la ferveur religieuse a lentement décliné. Les Upanishads, en prônant la prééminence de l’intériorité, en proposant un chemin de libération (indépendamment des différences de caste, voire de sexe), en rendant caduques les sacrifices coûteux, vont apparaître révolutionnaires – autant que le fut l’Évangile dans le contexte du judaïsme primitif. Dès lors, pour chaque hindou, tout va se jouer « en son âme et conscience ».

Si vous deviez résumer l’enseignement des Upanishads, que diriez-vous ?

M.B. : Je tenterai un rapprochement avec Maître Eckhart qui disait : « Trois choses sont un obstacle pour reconnaître Dieu : la temporalité, la corporalité, la multiplicité. Tant que ces trois choses sont en moi, Dieu n’est pas en moi. » De même, saint Augustin disait : « C’est l’avidité de l’âme qui fait qu’elle veut saisir et s’emparer de la temporalité, de la corporalité et de la multiplicité ; par là, elle perd ce qu’elle possède… Toutes ces choses doivent sans cesse sortir pour que Dieu entre » (Sermon 11). C’est-là un raccourci saisissant de l’enseignement des Upanishads qui, comme tous les textes fondateurs des grandes religions, sont magnifiquement émouvantes, avec une puissance évocatrice sans équivalent. Avec elles, on irrigue son âme.

Les Upanishads avaient-elles déjà été traduites en français ?

M.B. : Pas intégralement. À la demande des monarques musulmans, certaines Upanishads étaient passées du sanskrit au persan, puis ont été traduites du persan en latin par l’indianiste français Abraham Anquetil-Duperron (1731-1805). Ce sont celles-là qu’ont lues Victor Hugo et Schopenhauer ! Les Upanishads vont à nouveau intéresser en France avec Émile Senart (1847-1928) qui en traduira de nouvelles. Mais ces Upanishads restèrent très peu lues, jusqu’à ce que le spécialiste du sanskrit Jean Varenne (1926-1997) publie les Upanishads du Yoga (Gallimard) en 1971. Depuis, de nombreuses traductions se sont succédé, mais il n’y a guère qu’une cinquantaine d’Upanishads connues du public non sanskritiste. Les Upanishads les plus brèves sont, bien sûr, les plus aisées à traduire : il existe, par exemple, cinq traductions de l’Upanishad Isha (du Seigneur) et de l’Upanishad Kena (interrogation sur le Créateur), ne faisant que quelques versets.

Par quelles Upanishads conseillez-vous de commencer ?

M.B. : Pour un nouveau venu à l’hindouisme, le mieux est de se déplacer au hasard. Mais les plus belles sont souvent longues et complexes, mélangeant des approches techniques et mystiques pour contempler le divin absolu. Car telle est la promesse de chaque Upanishad.

Faut-il être hindou pour comprendre les Upanishads ?

M.B. : Oui, c’est pourquoi tout mon travail s’est appuyé de préférence sur les travaux des Indiens plutôt que sur ceux des indianistes français (pourtant très bons), mais sans perdre de vue la connaissance que l’on a en France de l’hindouisme à travers le yoga, la méditation, la mythologie… Cependant, un non-hindou peut lire les Upanishads, à condition d’un effort d’adaptation : j’ai d’ailleurs ajouté un glossaire de 150 pages pour comprendre le sens profond des mots. J’ajouterai que la croyance en la réincarnation de l’âme (et non de l’individu, produit par et pour cette âme pour refaire une expérience dans la matière) n’est pas non plus une condition pour entrer dans ces textes. Tout au long de notre vie, le plus souvent douloureusement, nous expérimentons la mort et la renaissance, la perte et le renouvellement.

(1) 108 Upanishads, Éditions Dervy, 1 400 p., 29 €.

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