L’Araignée (poème #29)

L’Araignée (poème #29)

*

Face au mur
Blanc
Mes pensées défilent, et
Je ne vois rien,
Mon esprit ne voit rien :
Si ce n’est
Ces pensées qui m’envahissent,
En un torrent tel
Que j’en suis noyé.
Pourtant,
Elles ne s’écrivent pas
Noires sur blanc.

Mes yeux soudain s’éveillent
Et se réveillent :
Immobile,
Noire sur le blanc du mur
Suspendue dans le vide,
La tête en bas,
Tenue par des fils – invisibles,
L’araignée en zazen
Ne bouge pas d’un patte !

Quel maître que celle-ci –
Invisible car Immobile !
Ainsi l’esprit doit se tenir,
Afin de laisser le Vide
S’installer – là
Où règnent les bolides.

Une si petite créature
Que bien souvent l’on chasse
Ou que l’on écrase,
Est infiniment plus précieuse
Que mon ego d’idiot !
Ou mon idiot d’ego !
On ne finit d’apprendre,
Ni de désapprendre,
Afin de se libérer
De nos prisons dorées.

L’araignée – ses huit pattes, ses crochets –
Qui nous rebute par son apparence
Est le plus beau des maîtres
Pour qui médite face à face.
Qu’importe la chaleur dans le dojo
Qu’importe qu’une proie ne passe
Que toutes les semaines,
Elle patientera jusqu’à
Ce que sa proie tombe là
Dans cette toile invisible
Qui la suspend dans le vide…

23/06/2019

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