Franck TERREAUX – L’art de ne pas faire

(282) – Franck TERREAUX – L’art de ne pas faire

*** Données ***

Editions L’ORIGINEL – CHARLES ANTONI
ISBN-13: 978-2910677930
112 pages – 16 euros – (03/07/2011)/10/05/2019

Franck TERREAUX - L'art de ne pas faire

*** MON AVIS EST PLUS BAS ***

https://loriginel.com/lart-de-ne-pas-faire/

*** 4ème de couverture ***

« Il y avait chez moi très peu de résistance, comme d’attente d’ailleurs. La confiance et l’amour que je portais à la vie étaient sans réserve. J’étais en quelque sorte comme le petit chaperon rouge, empreint d’innocence et de naïveté, si bien qu’à tout moment, un petit rien pouvait tout faire basculer. »

C’est dans cet état d’ouverture totale que l’éveil a trouvé Franck. On retrouve dans ce court extrait la simplicité de ton, le pragmatisme et la proximité auxquels Franck Terreaux a habitué ses lecteurs. Il nous parle ici bien sûr d’éveil, mais aussi du cheminement, et des circonstances qui l’y ont conduit. Il nous invite au travers de son livre « L’art de ne pas faire » à comprendre ce que nous sommes. Puisque nous le sommes, nous n’avons pas à le devenir.

Franck Terreaux nous dit qu’il n’y a pas à faire, mais surtout, il nous permet de comprendre de manière précise comment être en mesure de dépasser cette apparente contradiction : en ne faisant pas, nous arriverons à quelque chose.

*** DÉDICACE PERPÉTUELLE ***

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*** MON AVIS ***

APRES LA BOMBE NUCLÉAIRE – L’ACCIDENT NUCLÉAIRE

 

 Je vous avertis : autant « L’éveil pour les paresseux » est une bombe nucléaire, autant « L’art de ne pas faire » ressemble à un pétard mouillé. Je suis franchement déçu. Je vais vous détailler le pourquoi du comment. « Franck Terreaux fait figure d’extraterrestre dans le microcosme des auteurs abordant le thème de l’éveil et plus généralement celui de la spiritualité« , apprend-on dans l’Avant-Propos. En effet, le premier livre laissait entrevoir ceci – mais cela se confirme vraiment dans ce deuxième opus…

 « L’éveil pour les paresseux » semble avoir frapper fortement ses lecteurs à l’époque, et cela créa un énorme appel d’air : Franck Terreaux, il lui fallait s’expliciter un peu, on le lui a demandé. Car il était resté, malgré ses efforts, bien obscur ou abstrait pour nombre de ses lecteurs.
 Nous le retrouvons donc dans « L’art de ne pas faire » à, d’abord, répondre à une interview où la psychologie conventionnelle vient un peu à sa rescousse, puis ensuite à produire un essai sur sa propre pensée, « Le pays de Cocagne » : eh bien, disons gentiment que Franck Terreaux est plus compréhensible à l’écrit qu’à l’oral.

 Dans sa Préface, Anne David dit ceci :
« Au fur et à mesure de ces entretiens, j’ai compris que chez lui, l’éveil n’est pas une expérience à part de la vie… mais qu’il s’agissait d’un tout indissociable.
J’ai rassemblé le compte-rendu de ces entretiens par thème regroupés en quatre chapitres.
Le premier traite des changements que l’éveil a produit dans sa vie quotidienne.
Le second concerne son cheminement et les circonstances qui l’ont conduit à se réaliser.
Dans le troisième Franck évoque les difficultés rencontrées par les chercheurs.
Et enfin, il aborde les questions relatives à l’enseignement spirituel en général.
Ces entretiens sont suivis d’un texte que l’auteur a appelé « le pays de Cocagne » dans lequel on trouve l’essence même de son approche. »

Ça a l’air carré, mais dans l’interview, « c’est le gros bordel » comme dit Franck.

*

 Dans l’interview, Anne David est rapidement perdue et doit souvent repêcher Franck Terreaux pour éclaircir le débat. Anne David a les pieds sur terre, et Franck Terreaux la tête dans les nuages d’inconnaissance…
 Bien souvent le fil des idées se perd ou se rompt : Anne David met le doigt sur un truc qui cloche, et Franck Terreaux doit rattraper le fil d’Ariane…
 Et les paroles de Franck Terreaux sont parfois « hallucinantes » : par exemple j’ai vraiment été surpris par ce qu’il dit de lui-même (page 25).
 J’ai même eu le sentiment qu’il était perdu, parfois, dans ses explications en formulant un charabia., alors que dans d’autres cas, il se montrait tout à fait stable et posé.
 Franck Terreaux désabusa tant Anne David, qu’il lui propose en direct un texte – il avait préparé son coup ! – , « Le pays de Cocagne », qui explique de manière claire et précise, non pas comment faire en vue de saisir, mais comment comprendre afin de vous laisser prendre« . C’est dire comme il a conscience de ne pas être compréhensible ou lisible !

 « L’approche » de Franck Terreaux, il me semble, est celle du Néo-Advaïta (que je prends pour une charlatanerie). Le Non-Agir taoïste est le but final de l’auteur. Comme je le dis toujours, c’est cette destination rêvée du maître taoïste : celle de devenir une plante verte, ou une pierre…

 Anne David la résume : « Il n’y a rien à faire. Rien. Ni méditation, ni ascèse, ni recherche, puisque tout est déjà là ». « Il n’y a rien à faire, juste à comprendre » rajoute Franck.
Cependant, avant son éveil, Franck Terreaux, hyperactif de nature doublé d’un clown (il le reconnait), s’est évertué comme un fou à la méditation – jusqu’au craquage. Il le dit dans ses livres qu’il a médité comme un dératé.
 Il a fait d’énormes efforts. « On n’a rien sans rien », et je trouve cela hypocrite de dire de but en blanc au lecteur : il n’y a rien à faire ! Oui ! Mais une fois que l’on fait ce qu’il fallait pour ne plus avoir rien à faire !
 De plus, il a pu compter sur l’aide de Jean Klein et de Marigal (qui l’a foncièrement formé) et de loin, Ramana Maharshi. Il le dit lui-même, mais parfois, on a l’impression que c’est l’un de ces trois qui nous parle.

 L’auteur répond à Anne David : « Nous sommes tous éveillés. L’éveil est notre état naturel, et je dirais même plus, je ne connais rien qui ne soit plus naturel. (…) Oui, l’homme a oublié [cet éveil naturel], et qui plus est, a oublié qu’il a oublié. Cet oubli a créé un sentiment de manque qu’il veut à tous prix combler. N’étant pas en mesure de se le remémorer, il le cherche dans toutes les directions. »
 Il ajoute : « L’éveil est la chose la plus naturelle qu’il soit. L’éveil, c’est le sommeil profond se prolongeant à l’état de veille. »
 Mais l’éveil semble être une déconnexion d’un réel que l’on observe sans s’y attacher. L’acteur est off et le reste de « soi » se mêle intimement à « Soi » ou « Cela ». J’ai déjà connu cela, et cela a duré 30 mois avant que la réalité ne me rattrape : cela s’appelle un samadhi et un kensho. Pas l’éveil.
 Franck Terreaux se répète même : « L’éveil [qu’il ne met jamais avec E majuscule] c’est simplement le « Qui » qui disparaît, le « Qui » de qui suis-je. Ce n’est que cela et rien d’autre (…) Ce qui change, c’est justement la disparition du moi, et de son nouvel ami le sur-moi. C’est la disparition du « Qui », cet emmerdeur professionnel qui empoissonnait la vie.« 

 Il résume encore l’éveil autrement : revenir à l’état naturel d’un enfant avant ses quatre ans. Lui,  baignant dans une béatitude panthéiste ou une extase d’amour pour l’univers, apparemment sans fin. Franck Terreaux semble vivre dans un état de samadhi de je ne sais quel niveau, dans cette « suspension des pensées et du mental » (qui est le but final du yoga). Cf. page 48.

*

Et Franck Terreaux en bon enfant qu’il est, se ratrappe de peu dans son petit essai. Ouf ! Aurait-il deux visages ? Peut-être bien. Je vous cite le meilleur de cet essai :

 1) « Il n’y a rien à faire, rien à devenir » résume l’objet de ce « Pays de Cocagne » que nous transmet Franck Terreaux.
2)  « Lorsqu’il est dit qu’il n’y a rien à faire, lorsqu’il est dit que chaque pas entrepris dans la direction de Dieu nous en éloigne, on ne voit pas comment en ne faisant rien, il nous serait possible d’arriver à quelque chose.
On ne voit pas comment en restant là à attendre sans rien faire, l’éveil, Dieu, le soi irait soudainement nous tomber dessus comme un steak tout cuit dans notre assiette. »
3) « Pédagogiquement, il est important de comprendre que tout effort, que toutes tentatives méditatives n’ont jamais été effectuées par vous, mais par ce désir créateur.
Toute l’intention présente dans la méditation, c’est lui, c’est encore lui. Lui ne procède à aucun choix. Le moi se prenant pour un méditant, crée une brèche. Un appel au FAIRE est là, tel un trou béant, s’il se rue dessus c’est parce qu’il ne peut en être autrement. »
4) « Ignorant que l’impression d’existence est totalement conditionnée par le FAIRE, ne rien faire lui [le chercheur spirituel] est absolument insupportable.« 

 5) « Encore une fois, comment réconcilier le fait de ne rien faire avec le fait qu’en ne faisant rien j’arriverai à quelque chose ? Il n’y a rien à faire, il y a seulement à comprendre« . Mais bien avant ces lignes, l’auteur nous a dit que personne n’avait à aller nulle part et n’avait rien à devenir.
 Et pourtant, Franck Terreaux nous soumet à une action, un exercice qu’il détaille et dont il donne les ressentis. Il ne fait pas rien, donc…
Et il ajoute : « Tout en conservant une attention dirigée, nous allons pratiquer [vous avez bien lu !] le rappel de soi, pratiquer la présence à soi, pratiquer la conscience de soi. »                                                           J’appelle cela : une imposture.

 Le matérialisme spirituel c’est bien, jouer avec des concepts, donner des nouveaux noms aux anciens mots, de nouveaux sens également, tenir un discours explosif (comme dans son premier livre) et dire qu’il ne faut pas agir… puis proposer un exercice : c’est fort de café ! Mais il en proposait déjà un, similaire, dans « l’Eveil pour les paresseux ».
 Ce qui intéresse Franck Terreaux, c’est ce stade, décrit dans le bouddhisme, où les organes sensoriels font simplement leur boulot, avant même qu’il y ait saisie du mental. Point. Une plante verte, ou un caillou.
 Et il extrapole, disant qu’avant ses 4 ans, un enfant… ressemble à une plante verte… !!! Ce ne sont pas ses mots, mais les miens.
Franck Terreaux confirme page 86 : « En vérité ça marche, ça regarde, ça mange, ça réfléchit, ça rit, ça pleure et point barre. Le bonheur, le malheur, les perceptions, les sentiments, comme les émotions se perçoivent d’elles-même et par conséquent n’ont jamais eu besoin d’un vous, jamais eu besoin d’un percevant pour être perçus » : je n’invente rien !
 Puis il retourne l’affaire !
« Encore une fois FAITES-LE, essayez de ne pas être, essayez de ne pas entendre et de ne pas regarder. Essayez, essayez encore et encore, vous verrez que c’est absolument impossible. Vous êtes, et ne pouvant pas ne pas être, il n’y a rien à accomplir. Par conséquent tout effort est parfaitement inutile. Sans effort, c’est [c’est quoi, C’est ?] déjà en train de regarder, sans effort c’est déjà en train d’entendre et même de méditer. Pourquoi rajouter un regardant, un méditant ? Tout cela, c’est de l’effort. »
En étant simplement présent, sans rien faire, on atteint ainsi la paresse ultime : l’éveil. Tout est déjà parfait : à quoi bon bouger ?

 Tout comme il a pu dire dans le premier opus, « l’attention non attentive non objective« , Franck Terreaux ajoute ici : « Votre vraie nature, c’est le sommeil profond à l’état de veille« …
Car, « Un être véritablement éveillé est la parfaite expression du sommeil profond à l’état de veille. Le sommeil profond est le plus grand de tous les maîtres parce qu’il est à tout moment au coeur de chacun.« 

 Tout gentil qu’il est, l’éveil n’est-il pas monter à la tête de Franck Terreaux, suite à ses « crises » de méditation intensive ? Nous a-t-il enfumer sans le savoir ? Sait-il enfumé lui-même sans en avoir conscience ?
« Il n’y a personne qui fait, absolument personne, tout arrive de lui-même. A ce stade il n’y a plus rien à comprendre« .

 Fermez le ban !

 Mais bon, peut-être n’ai-je rien compris : ce n’est pas grave. N’en faites rien, par pitié. « L’Eveil pour les paresseux » est un bijou extraterrestre, c’est déjà ça ! « Franck Terreaux fait figure d’extraterrestre dans le microcosme des auteurs abordant le thème de l’éveil et plus généralement celui de la spiritualité »…

 Bonne et amusante lecture !

Zuihô

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